Edito


L’année 2012 touche à sa fin, l’occasion pour nous de vous présenter le bilan annuel de SOS Jeunes - Quartier Libre.

Cette année, deux faits ont marqué le secteur de l’Aide à la Jeunesse dans son ensemble et notre association en particulier : la crise de l’accueil l’hiver dernier et la précarisation grandissante des jeunes qui font appel à nous.

En janvier 2012, SOS Jeunes – Quartier Libre se voyait littéralement prise d’assaut par des jeunes sans logement, devant faire face à la rudesse de l’hiver. 43% des demandes d’interventions auprès de nos services ont eu lieu à cette période particulièrement difficile.

Déjà en décembre 2011 (voir la rubrique « news » du site www.sosjeunes.be), des ONG et associations bruxelloises s’unissaient au sein de la plateforme « SOS Accueil », afin de tenter de remédier au manque de places dans les centres d’hébergement. A travers cette action, elles espéraient interpeller le gouvernement qui, depuis trois ans, ne prend aucune mesure pour y remédier.

Le 7 février 2012, SOS Jeunes – Quartier Libre organisait une conférence de presse dénonçant l’absence de réponse politique aux besoins primaires des jeunes qui se trouvent en situation de danger. A cette époque, notre service recevait jusqu’à 15 demandes d’hébergement par jour de jeunes qui cherchaient un lieu où dormir, de quoi manger et une personne à qui parler.

L’hiver est à nouveau là et nous ne savons pas encore quelles mesures seront prises par les pouvoirs publics afin de pallier au manque de structures d’accueil. Notre service n’étant pas équipé pour répondre à toutes les demandes des jeunes sans logement, nous redoutons d’être à nouveau submergés et de revivre le même scénario que l’année passée, sans véritables leviers d’action auprès des pouvoirs publics.

La crise de l’accueil n’est cependant que la face visible d’un autre phénomène de société, bien plus profond : l’augmentation des jeunes en situation de grande pauvreté. 35 % des jeunes qui se sont présentés auprès de nos services au premier semestre 2012 ont déclaré être dans « une situation de précarité économique ».

Cette pauvreté touche particulièrement le public des jeunes adultes, avec lequel nous travaillons dans le cadre du « projet 17-25 ans : la majorité, un passage redouté ».

Au moment de passer à l’âge adulte, ces derniers se trouvent totalement désemparés face aux responsabilités qu’ils sont censés assumer (travail, logement, …). Dans le cadre de ce projet, nous sommes allés à leur rencontre, au travers d’entretiens individuels, afin de percevoir au mieux ce qui se joue pour eux.

Ces enjeux collectifs auxquels notre association est confrontée sont le reflet d’une société en « crise », appelée à se réinventer face au déclin économique et à l’impuissance politique. Nous en sommes conscients et tentons, jour après jour, de relever ces défis en apportant, au niveau individuel, une aide de qualité, en travaillant sur le terrain, au niveau local et en mettant sur pied des projets collectifs innovants et concrets.

Connue pour être pionnière en matière d’Aide à la Jeunesse, plus que jamais SOS Jeunes – Quartier Libre devra démontrer sa capacité à innover dans son secteur...

Raymond Veriter,





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Billet d'humeur

NEET : le néant n’a pas d’avenir

Contraction de l’expression anglaise Not in Education, Employment or Training (ni étudiant, ni employé, ni stagiaire), l’acronyme NEET désigne les jeunes de 15-34 ans, célibataires, qui vivent chez leurs parents, ne travaillent pas et ne recherchent pas d’emploi.
Vous imaginez aisément que, sans projet de vie, le jeune NEET n’a pas des dizaines de perspectives à long terme : on perçoit aisément les difficultés qui vont commencer à se présenter graduellement si le jeune ne parvient pas à sortir de ce « statut » qui
n’en est pas un. Les instituts de statistiques et les gouvernements ont commencé à s’intéresser à ce phénomène des NEET, car les autres données (telles que le taux du chômage ou le pourcentage de réussite des études ou même des échecs) ne rendent absolument pas pleinement compte de la situation des jeunes. Sans entrer dans les détails, on sait que la proportion de NEET chez nos jeunes a une furieuse
tendance à augmenter.
Les équipes de SOS Jeunes – Quartier Libre connaissent bien cet engrenage qui fait, petit à petit, qu’un sorti de l’école s’enlise. Plus de formation, pas d’emploi, pas de stage, il se replie sur lui et se démotive. On en vient ensuite à la dégradation de sa propre image et à la désaffiliation. On se doit d’agir en amont afin d’éviter de tomber dans l’engrenage des NEET. Parce que le néant n’a pas, soyons honnête, beaucoup d’avenir. Le projet « Un jour, demain ! », de notre Antenne ixelloise Quartier Libre, vise notamment à informer les jeunes de ce qui est possible après l’école. Il s’adresse à un public particulier qui est constitué de jeunes de sixième année de l’enseignement spécial. Que se passe-t-il après l’école ? Comment entrer dans la vie active ? Un DVD reprend des témoignages d’aînés, connus des jeunes, qui racontent leur parcours… Une série de témoignages qui doivent permettre aux jeunes de prendre leur propre envol, une fois l’école quittée.

Amicalement à vous !

1er janvier 2019