Le dicton « Donne du poisson à un homme, il mangera un jour. Apprends-lui à pêcher, il mangera toute sa vie ! » revient régulièrement sur le devant de la scène lors de l’organisation des grandes campagnes d’appel à la solidarité. Il illustre bien la nécessité de ne pas se limiter à appliquer un emplâtre sur une jambe de bois sans s’attaquer plus profondément à la source du mal, pour tenter d’y apporter des solutions durables.
Chez SOS Jeunes, nos interventions dans l’aide à la jeunesse nous ont fait approcher multitude de cas et multitude de situations vécues. Décrochage temporaire, voire interruption du cursus scolaire, rejet du jeune par les structures d’accueil traditionnelles, fugue, errance, appel à l’aide ou « simple » demande d’informations, sont autant de situations rencontrées. Jeunes en rupture familiale, institutionnelle, MENA, filles mineures enceintes, donnent une idée de l’extrême diversité de notre public et de la nécessité de chercher à chaque fois des réponses adaptées et constructives.
Au fur et à mesure des situations rencontrées et de leur pratique, les équipes de SOS Jeunes ont accumulé une quantité d’enseignements divers, une capacité d’analyse unique, un réservoir d’actions-réponses potentielles, … Bref, ils ont développé un réel savoir-faire tout à fait spécifique.
Des projets circonstanciés plus larges ont émergé de ce savoir-faire accumulé au fil des expériences rencontrées. Ainsi,- et pour n’en citer que quelques uns- le projet « fugue », le service « Etude », l’antenne « Quartier Libre » et son ancrage local ou encore le projet Solidarcité, ont constitué et constituent toujours des réponses innovantes à une série de situations observées et aux défis lancés par la Jeunesse.
Régulièrement confrontés à de nouvelles problématiques de jeunes en difficulté pour lesquelles manquent des réponses adaptées , les équipes de SOS Jeunes doivent nécessairement continuellement chercher des pistes nouvelles mais, pour autant, nous ne voulons pas abandonner les solutions qui fonctionnent déjà et encore moins celles qui fonctionnent très bien et ont prouvé leur utilité.
Notre projet « fugue », fondé en 2004, comme l’article principal de ce feuillet le détaillera, garde toute sa pertinence et son urgence. Il a en effet trouvé directement son public et a constitué une réponse efficace à une souffrance typiquement jeune dont on parle hélas trop peu.
Près de dix années plus tard, ce projet, élaboré comme réponse à cette souffrance particulière des jeunes, existe toujours bel et bien mais…. n’est quasiment plus financé que sur les fonds propres de l’asbl. L’aide institutionnelle de départ s’est en effet muée en aide financière occasionnelle puis, aujourd’hui, s’est finalement tarie. Or, le phénomène de la fugue existe toujours et la demande reste énorme …. Heureusement, nous pouvons compter sur vous, fidèles donateurs, pour assurer la pérennité de nos actions. Soyez en très sincèrement remerciés !
Contraction de l’expression anglaise Not in Education, Employment or Training (ni étudiant, ni employé, ni stagiaire), l’acronyme NEET désigne les jeunes de 15-34 ans, célibataires, qui vivent chez leurs parents, ne travaillent pas et ne recherchent pas d’emploi.
Vous imaginez aisément que, sans projet de vie, le jeune NEET n’a pas des dizaines de perspectives à long terme : on perçoit aisément les difficultés qui vont commencer à se présenter graduellement si le jeune ne parvient pas à sortir de ce « statut » qui
n’en est pas un. Les instituts de statistiques et les gouvernements ont commencé à s’intéresser à ce phénomène des NEET, car les autres données (telles que le taux du chômage ou le pourcentage de réussite des études ou même des échecs) ne rendent absolument pas pleinement compte de la situation des jeunes. Sans entrer dans les détails, on sait que la proportion de NEET chez nos jeunes a une furieuse
tendance à augmenter.
Les équipes de SOS Jeunes – Quartier Libre connaissent bien cet engrenage qui fait, petit à petit, qu’un sorti de l’école s’enlise. Plus de formation, pas d’emploi, pas de stage, il se replie sur lui et se démotive. On en vient ensuite à la dégradation de sa propre image et à la désaffiliation. On se doit d’agir en amont afin d’éviter de tomber dans l’engrenage des NEET. Parce que le néant n’a pas, soyons honnête, beaucoup d’avenir. Le projet « Un jour, demain ! », de notre Antenne ixelloise Quartier Libre, vise notamment à informer les jeunes de ce qui est possible après l’école. Il s’adresse à un public particulier qui est constitué de jeunes de sixième année de l’enseignement spécial. Que se passe-t-il après l’école ? Comment entrer dans la vie active ? Un DVD reprend des témoignages d’aînés, connus des jeunes, qui racontent leur parcours… Une série de témoignages qui doivent permettre aux jeunes de prendre leur propre envol, une fois l’école quittée.
Amicalement à vous !
1er janvier 2019